Ultra Trail du Beaujolais Vert

Jacques Soulier UTBJ

Le 7 octobre dernier, Jacques s’est élancé à 5h du matin sur les 80km et 3800m de dénivelé du trail du beaujolais vert. Dans un cadre d’exception qu’offre routes et chemins, entre paysages somptueux et nature enivrante, notre maître de la piste clôture ce parcours en 11h52 et se classe 61ème sur 145.

5h du matin, je me demande un peu ce que je fais là avec ma frontale vissée sur le front.

Peut-être que, pour la première fois, tous ceux de Run Valserine dorment encore et je suis le seul debout ; voilà ma première pensée au coup de fusil.

Quentin, mon acolyte, part plus vite qu’on avait prévu mais je veux faire un bout de chemin alors je le suis en essayant de le freiner un peu quand même.

On arrive au deuxième ravito trop tôt pour notre équipe d’assistance parmi laquelle on retrouve Christine et une partie de la famille de Quentin. Qu’importe, le ravito suivant est à seulement 10 km. Quel plaisir de les retrouver sur le bord de la route avec leurs encouragements très chaleureux.

Ce trail est vraiment très difficile. Les montées sont terribles. Je n’ai jamais couru de kilomètre vertical mais j’ai l’impression que certaines parties y ressemblent. Les organisateurs ont dû tracer le parcours dans la forêt en inventant des chemins si possibles les plus pentus.

Pas question de se refaire la cerise dans les descentes ; elles sont elles aussi très pentues avec des pierres et des ornières de partout. En plus avec la sécheresse la terre est très glissante. Je me rassure en me disant que s’il pleuvait ce serait tout simplement impraticable.

Dans la montée du 55 km, alors que je me sentais plutôt assez bien, un énorme coup de barre me tombe dessus sans prévenir. Tout à coup mes jambes ne me portent plus je ne peux plus avancer, à la limite de faire un malaise. Je suis obligé de m’asseoir sur un tronc quelques minutes. Je me dis que je ne peux pas aller plus loin. Je décide donc de repartir doucement jusqu’au prochain ravitaillement pour abandonner avec Quentin qui m’a attendu. Mais ô miracle les jambes sont revenues. Que s’est-il donc passé pendant ce quart d’heure ? Quentin me dira que j’ai peut-être mangé trop de sucre d’un coup ? Mon ravitaillement pendant 10 km était effectivement pâtes de fruits et coca. Je poserai la question à Sandra pour avoir son avis.

En tout cas me voilà reparti sur un bon rythme. Quentin m’abandonnera autour du 72ème kilomètre car lui aussi se sent bien.
La dernière montée est très courte mais terrible. Heureusement que j’ai les bâtons sinon il n’y aurait pas d’autre solution que de mettre les mains au sol. Un petit panneau indique qu’à cet endroit (nous sommes au 74 km), François D’Haène montait en courant.

Les derniers kilomètres sont avec un profil descendant plutôt facile. En regardant mon chrono je me dis que je peux le faire en moins de 12 heures. Je cours donc même sur les faux plats montants. J’arrive à doubler quelques retardés du 42 km (la fin de parcours était la même) et même un ou deux du 80.

L’émotion est au rendez-vous à 200 mètres de l’arrivée. Je crie que je l’ai fait. Je suis arrivé au bout de ce trail de dingue. Je vois les 11h52 s’afficher ; mission accomplie ; moins de 12 h.

La bière d’arrivée est toujours la bienvenue mais je suis tellement épuisé que je la bois assis.

J’apprendrai que Quentin finit en 11h42 et que je finis 61ème sur 177 partants.

Mes remerciements vont évidemment tout d’abord à Quentin avec qui j’ai vécu une sacrée aventure. Merci également à Christine, toujours fidèle au poste d’assistance du début à la fin. Et enfin merci à vous tous coureurs du Run. Grâce à vos messages (je ne les lisais pas pendant la course mais Christine me disait que vous étiez là) je me suis battu même dans les moments difficiles pour rejoindre l’arrivée pour moi et pour le Run.

Jacques

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