La Bûche

Un groupe de Run Valserine s’est donné rendez-vous sur le plateau du Retord pour participer à la Buche, mara-trail de l’éco-trail de l’Ain-Promenade des bûcherons. Tous ont fait de beaux résultats, notamment deux podiums, bravo à toutes et à tous.

Retours de Christelle:

Samedi matin 6H10, les réveils sonnent (au cas où) et toujours la même question: pourquoi je me suis inscrite? La pression monte comme d’habitude et le petit déjeuner ne passe pas. Pourtant je me répète que ce n’est qu’une course d’entraînement.

le RDV est fixé à 7HOO; c’est certain, on ne sera pas en retard…

Arrivé bien en avance, on récupère nos dossards, on se prépare et on prend la première navette pour Hotonnes (Patrick montera le premier dans le bus).

Sous les directives du coach on s’echauffe, quelques exercices que vous connaissez tous (montées de genoux…) et à ma grande surprise je ne stresse presque pas; pas ou peu d’ambiance, on papote je confirme: Jef parle tout le temps mais ce n’est pas nouveau!

10H00, le départ est donné et très vite le groupe se disperse, je reste un moment avec Alissonne et on se sépare dans la montée.

J’ai toujours très régulièrement le groupe des garçons en ligne de mire mais je ne cherche surtout pas à les rattraper sinon je vais me griller.

Je ne lache rien, une fille me colle au train, ça m’agace un peu; on discute et apprends qu’elle est sur le relais, ouf, je la laisse passer. Je garde un rythme régulier et la distance sur le plat, l’encourageant même à me suivre. Je perds les garçons de vue et oh surprise retrouve Olivier dans une montée bien raide, celle avec les cordes. On redescend sur le ravito, c’est dur et pas facile, les montées ne sont pas trop pénibles mais à aucun moment dans les descentes on ne peut récupérer, c’est gras ou caillouteux avec des marches…

Au ravito, on prend quelques denrées et on repart si on s’arrête trop c’est foutu. On attaque la deuxième partie; certains nous doublent à vive allure, d’après la propreté de leur chaussures on en deduit qu’ils sont sur le relais. On récupère Ludo qui est en souffrance il nous dit même qu’il risque d’abandonner, des douleurs dans la fesse qui irradient le minent un peu. Ces douleurs je les connais bien…

Je joue à l’infirmière et lui donne un advil et on continue avec Olivier qui se plaint de douleurs dans un genou, bougonne un peu, vous connaissez son coté raleur!! Je lui propose de rester mais me dit de continuer, je ne le laisse pas seul Ludo est juste derrière.

J’apprécie beaucoup moins la deuxième partie très roulante en fermant les yeux je revois ces plats qui n’en finissent pas; je le savais que ça allait être très dur de relancer; je marche et dès que je peux, je cours. Jusqu’au trentième tout va bien et après les choses se corsent je sens les crampes arriver.

Au dernier ravito je mange bien salé, jambon et Comté et là bonne surprise, la montée dans la prairie est raccourcie, on arrive donc plus vite au sommet et là bientôt que de la descente mais je trébuche sur une pierre et là l’horreur une violente douleur dans le mollet droit je m’accroche à un arbre; je vois trente six chandelles, reprends ma respiration, m’étire (je n’hurle pas contrairement à Pierrot) je marche et quand la douleur devient plus supportable, je reprends un peu de rythme.

Je descends doucement de peur de re-cramper et rallonge plus loin quand le sentier devient plus facile

On entends les bruits de la ville la fin approche…

Je franchis la ligne d ‘arrivee contente, fatiguée et très surprise d’apprendre mon classement (il n’y avait pas beaucoup de filles); je ne me suis jamais mise dans le rouge, je suis restée dans l’optique prépa tout le long du parcours par contre pour le 80 ça va être très très dur…

pour info Jef je n’arrive que 11mn34 derrière vous et non pas 15; je voulais bien faire un bout de chemin avec toi mais tu ne m’as pas attendue.

la course n’était pas facile j’ai plus de 40 Kms à ma montre 1282 D+ ET 1560 de D- (du négatif difficile) et suis restée bien souvent toute seule et jamais avec des gens qui m’ont tirée; j’ai par contre bien discuté avec Michele Leservoisier, une grande dame de la course à pied.

Félicitations à toi Jef qui a pu rester avec le maître tout le temps; à Tounsi qui a grillé Pierrot de 11s il en était vert. Il a tellement donné (Pierrot) qu’il s’est couché pendant qu’on mangeait, à Olivier et Ludo et surtout à Alissonne pour ton premier trail, j’ai eu beaucoup de bonheur à partager ce moment avec toi.

Retours de Jef:

Bon, voilà,hier samedi 13, me voilà embarqué avec mes copains zé copines sur le trail de la Bûche à Hauteville, 42km et 1000+, je savais déjà que ça allait être un profil rapide…en plus départ à 10h…
Comme d’hab, échauffement avec Patrick. On avait le temps vu l’heure de départ de Bellegarde. Tout le monde parle pour évacuer le stress. Moi je parle tout le temps !!!😂
Donc on finit par prendre le départ, soit disant tranquillement pour faire les 1er kil ensemble 😁, mais tout de suite la troupe s’étire. J’essaie de garder le contact avec Patrick.
La 1ere demi heure, passe et je me dis, tu pourras pas tenir 40kil comme ça. Patrick nous dit on cour ô cardio,ben le sien est vachement bas… Les filles restent prudentes en arrière, Olivier aussi. Ludo et moi essayons de garder le rythme, le temps est lourd, je transpire à grosses gouttes, mais on évitera l’orage, heureusement.
Olivier nous récupère ô ravito, mais le rythme imposé par Pat casse les pattes.
Malgré tout j’arrive à le suivre,Ludo & Olivier décrochent. Pierrot s’accroche mais n’est pas ô mieux.. Le ravito du 20éme est enfin là…pffff mais nana enkor 22 devant, mi di à mouin, oté la lé dur…
Patrick gère pour nous 2, je m’accroche… Mais toutes ces portions de goudron et de pistes forestières me cassent les pattes et le moral… Plus d’une fois, je marche 2 ,3 pas et repart.
Heureusement les ravitos sont nombreux et les bénévoles sympas.
Et le balisage me plaît bien, pas de trop.
De toute façon si on se perd comme a dit le directeur de course, c’est par manque de lucidité,hein Ludo 😋.
On attaque une portion de boue bien glissante sur 4km, et ça swing.. Patrick me gratifie d’un magnifique roulé boulé, Pierrot le passe sans mots dire, il n’a rien heureusement..
Les crampes attaquent Pierrot et sa bouche aussi donc silence!!! pas de podiuuuuuum dans nos oreilles.
Le km 30 arrive et Totoche lé enkor plus dure.
Le chrono defile et malgré la difficulté je me mets à espérer un temps.. ô départ j’espérais 5h15 à 5h30…
On a passé le semi en 2h28. Tounsi a filé dès le départ, et passe en 2h15 de mémoire.
Après l’avant dernier ravito on attaque l’ascension d’1 piste de ski alpin « la Praille » super point de vue en haut et il nous reste 6km… Pierrot nous récupére à ce moment là, ne s’alimente pas pour repartir avec nous…et ne pisse pas non plus..
Comme ça descend évidemment il file à 4 km de l’arrivée.
On reste prudent malgré tout avec Patrick et filons vers Hauteville.
Enfin le dernier panneau annonce arrivée 1km. On décide de finir ensemble et passons la ligne d’arrivée, main ds la main..
Encore merci à Patrick sans lui 5h03 pas possible…Tout est ds le mental…
Voilà c’est la 1ere fois que j’arrive à suivre le maître…
Heureux…
Bravo à Tounsi 4h59, Christelle qui arrive 15mn après nous me cherchant àpres chaque arbre…😁
Et à Alissonne pour ce premier 42km trail.
Et à nos 2 podiums, Christelle et Patrick.
Sans oublier Olivier, Ludo,et notre Pierrot…

Retours de Alissonne:

Bravo à tous. Il y a eu de très belles performances, 2 podiums quand même et pas des moindres!!!
Dormi même pas 5 heures de temps, réveil à 6 heures et là pareil je me dis mais dans quoi je me suis encore embarquée!!
Départ à 7 heures, endormie et Christelle me rassure, elle n’est pas plus motivée que moi.
On arrive à Hauteville aux aurores, du coup c’est sûr on ne ratera pas la navette!!
Mais j’aime l’avant course quand on est nombreux, le temps passe vite et le stress n’a pas le temps de nous envahir.
Allez coach c’est parti, montées de genoux, accélérations et là je me dis je ne suis vraiment pas en forme, on ne s’écoute pas, on y va, surtout que ça va m’aider on a prévu de faire les 10 premiers km ensemble 🙂
Mais dès le départ, non ce n’est pas possible le rythme n’est pas le mien, premières montées j’ai déjà les mollets contractés, il faut se faire une raison je ferai ma course toute seule!!
Christelle m’épate par sa détermination dans les montées, tête baissé, rythme régulier, les bras qui balancent et c’est parti, non je n’arriverai pas à suivre. Tu es une référence Christelle, vraiment !!!
J’y vais tant bien que mal, je pense souvent aux conseils du coach et je l’entends, allez on relance et j’ai du coup couru quand je le pouvais.
Je passe les 20 premiers km avec des sensations partagées, du difficile et des moments de bien.
On traverse les champs de boue, on s’agrippe à la corde et voilà le ravitaillement du 20ème, qu’est-ce que je fais, je vois le bus, j’arrête ou pas.
Mais non, je ne peux pas, il faut aller au bout, il faut se faire mal moralement selon Patrick.
Et c’est parti, pas facile ça grimpe un bon moment, pas moyen de récupérer.
J’essaye de parler, mais les gens dans la souffrance n’ont pas envie de discuter alors j’attends les ravitaillements où les gens étaient très sympas mais me font de mauvaises blagues en me disant qu’il fallait grimper à l’échelle à corde, mais me rassurent en me disant qu’ils en ont vu passer des coureurs bien moins frais que moi!!
On attaque une portion de faux plats montants où je suis seule au monde, personne, et là mes jambes fatiguées, j’alterne marche rapide et course.
Une descente pas technique et je reprends la forme, je traverse la petite rivière et on repart.
Bonnes sensations, j’arrive au dernier ravitaillement, je bois une petite soupe, discute avec les bénévoles et coureurs qui me disent qu’il y a une montée et qu’après c’est de la descente technique et qu’il faut être vigilant.
Et on descend en gérant tant bien que mal, les mollets se contractent parfois, on redescend accrochée à une corde, je fais sourire les bénévoles et on continue.
On attaque les dernières descentes, je croise des marcheurs, un tronc d’arbre tombe 100 m devant nous, ça refroidi on en rigole et on continue.
Ah voilà, on arrive près d’Hauteville, j’adore quand on sent que la fin est proche, je suis euphorique car je vais terminer la course avec de bonnes sensations.
J’aperçois Olivier au loin, je me rapproche et je me dis on va terminer ensemble, il peine un peu mais le connaissant je me dis il va accrocher, mais il a tout donné.
Je continue alors sur mes bonnes sensations.
Je passe la ligne avec un grand bonheur car quelques années avant j’étais là, j’attendais Ludo et me disais en voyant ces femmes arriver qu’elles étaient plus que courageuses, et jamais je n’aurai pensé être à leur place quelques années après !!!
J’ai fait ma course toute seule, sans être tirée par qui que ce soit et c’est là ma grande fierté, ne pas baisser les bras dans les moments difficiles et il y en a eu.
Alors Juste un grand MERCI pour nous porter dans cet élan et nous montrer qu’avec de la détermination et de la préparation quand même, c’est possible.

Clt Nom Clt Cat Temps
46 CHETTIH TOUNSI 25 V1M 04:58:52
48 RANNARD PIERRE 5 V2M 04:59:16
54 NOURLY JEAN FRANCOIS 27 V1M 05:02:29
55 RENAUD PATRICK 2 V3M 05:02:30
59 CELLE CHRISTELLE 2 V1F 05:14:03
69 CARLET LUDOVIC 20 SEM 05:26:38
76 CARLET ALISSONNE 4 SEF 05:31:52
78 ROBIN OLIVIER 34 V1M 05:32:14

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